Le conseil municipal d’Iqaluit et les chauffeurs de taxi arrivent à s’entendre

By NUNATSIAQ NEWS

AARON SPITZER

IQALUIT — Les chauffeurs de taxis ont repris la route lundi dernier après avoir reçu la promesse que les tarifs augmenteront d’un 50 sous additionnel d’ici un mois.

Le conseil municipal a confirmé aux chauffeurs de taxis que les tarifs pourraient atteindre 4,50$ avant le 27 mars.

Les chauffeurs, qui demandent une augmentation de tarifs depuis le mois de décembre, avaient été outragés par la décision du conseil de n’augmenter les tarifs que de 25 sous, hausse qui ne leur aurait permis d’atteindre que 4,00$.

La municipalité avait promis une autre augmentation pouvant atteindre 4,50$ en dedans de trois mois, position que les chauffeurs de taxis avaient prise comme “une claque en pleine face.”

Les autorités municipales disent maintenant que l’augmentation de tarifs pourrait se concrétiser plus rapidement si les chauffeurs étaient d’accord pour aider la municipalité à rédiger une meilleure réglementation en ce qui a trait aux taxis.

“Si on peut bien travailler ensemble, on peut garder espoir qu’une augmentation de tarifs pourra être effective d’ici la fin du mois,” de dire le maire John Matthews.

C’est cette offre qui a mis fin à la grève de quatre jours qui menacait de paralyser la capitale du Nunavut où tout le monde dépend des taxis pour se déplacer.

Le 28 février, une journée après le refus du conseil d’augmenter les tarifs, les chauffeurs, enragés, ont pris leurs voitures, ont éteint les lumières du toit pour montrer qu’ils étaient hors service, et sont partis défiler en claxonnant partout à Iqaluit.

Durant la grève qui a suivi cette manifestation, les bords de chemin d’Iqaluit étaient bondés de piétons. Pendant ce même temps, on a fermé les brasseries de plus bonne heure, tout en offrant aux patrons le voyage gratuit pour s’assurer de leur retour.

Les tactiques utilisées par les chauffeurs de taxi n’ont pas impressionné plusieurs résidents. Ceux-ci étaient d’avis que les chauffeurs faisaient du chantage par leur refus de fournir un service essentiel à la population.

Plus d’une fois, des résidents ont harcelé les chauffeurs en dehors de leur service en leur disant qu’ils devraient retourner au travail.

Mais la grève qui a paralysé le travail a attiré l’attention des membres du conseil municipal qui se sont entendu sur le fait de s’asseoir avec les chauffeurs de taxi et de prêter une oreille attentive à leurs plaintes.

Lors d’une rencontre publique avec les chauffeurs le 2 mars, les représentants des compagnies de taxi ont laissé entendre que la Ville les traitaient comme des enfants.

“Il semble que vous êtes au neutre, que rien n’avance. Pourquoi serait-ce à nous d’en souffrir les conséquences?” a demandé André Plante, porte-parole des chauffeurs.

Selon eux, le coût de l’essence, qui est en hausse, diminue leurs profits au point qu’une augmentation est devenue nécessaire pour qu’ils puissent rester économiquement rentables sur la route.

Selon les conseillers, la Ville est réticente à approuver une pleine augmentation de tarif avant de montrer aux utilisateurs de taxis qu’un meilleure réglementation est en place.

Ce souci de la part du conseil émane d’une rencontre publique qui a eu lieu au mois de janvier au cours de laquelle plusieurs résidents se sont présentés pour discuter d’une augmentation des tarifs. Ils ont critiqué les chauffeurs pour leurs infractions, disant qu’ils fument dans leurs taxis ou qui y font le traffic de drogues.

Si les chauffeurs et les autorités municipales sont d’accord pour collaborer, le maire d’Iqaluit dit qu’ils peuvent adresser ces préoccupations ensemble dans un nouveau règlement municipal.

On y retrouvera probablement une provision pour la création d’un comité disciplinaire dans l’industrie du taxi, provision dans laquelle les chauffeurs auront à suggérer des sanctions pour discipliner leurs confrères hors-la-loi.

Les nouveaux permis pourraient aussi être émis avec une période de probation d’une année. Durant cette période, les licenses pourraient être révoquées si on pouvait démontrer que le détenteur a commis des infractions.

Selon ce nouveau règlement, les nouveaux chauffeurs auraient également à passer un examen pour montrer qu’ils sont capables de s’orienter en ville.

Le maire dit que les représentants des compagnies de taxi regarderont le projet de règlement, et qu’ils proposeront les changements ou améliorations additionnels qui doivent y être apportés.

Même s’il veut voir le tarif de 4,50$ en place avant le 27 mars, le maire dit que les avocats de la Ville sont en train de vérifier si les règlements du conseil peuvent effectivement permettre une aussi rapide augmentation des tarifs.

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